CLASS : Le Soutien à l’apprentissage

Information

Introduction

Des trois domaines du CLASS, celui du soutien à l’apprentissage est celui où, en moyenne et quels que soient les pays et les niveaux d’enseignement, les enseignants ont les performances les plus basses. Au cours des premières années d’enseignement, c’est le domaine qui augmente en qualité le plus faiblement [Booker, 2014] et c’est la compétence que les enseignants ont le plus de mal à évaluer [Bell et al., 2012]. Une revue internationale des scores (voir Les scores CLASS au niveau international) montre que ce domaine obtient les scores les plus bas, comparativement aux autres.

Une étude sur près de 2 500 élèves d’élèves de 4 ans en écoles maternelles aux USA a mis en évidence les relations positives entre le domaine “Soutien à l’apprentissage” et les performances académiques et langagières des élèves (évaluées sur plusieurs tests standardisés : en vocabulaire, expression orale, conscience phonologique, et résolution de problèmes) [Mashburn et al., 2008].

Aider l’apprentissage par la réflexion, les rétroactions et le langage

Le troisième et dernier domaine du CLASS est le Soutien à l’apprentissage. De nombreuses recherches montrent la différence entre simplement apprendre par cœur des informations déconnectées les unes des autres, et construire des connaissances utiles, à partir de faits interconnectés, organisés les uns par rapport aux autres.

Toutes les expériences où les élèves peuvent réaliser cette construction, en exprimant ce qu’ils connaissent et s’en servent pour apprendre de nouvelles connaissances, sont intéressantes. À cette fin, les rétroactions de l’enseignant sont utiles si elles sont immédiates, liées aux connaissances, correctives ou reliées à ce qu’il y a à connaître (plutôt que centrées sur l’élève). Elles sont préférables à des rétroactions générales (c’est juste, c’est faux), ou des rétroactions qui n’encouragent pas l’examen et la discussion de solutions alternatives.

Enfin, le « bain » langagier dans lequel les élèves sont mis doit comporter des éléments favorables à la construction des connaissances, comme des conversations ouvertes, fréquentes et riches, en relation avec l’activité.

Ce domaine s’intéresse donc à évaluer comment les enseignants aident leurs élèves à :

  • apprendre à résoudre des problèmes, à raisonner et à penser ;
  • utiliser les rétroactions pour approfondir des connaissances ou des habiletés ;
  • développer des habiletés langagières plus élaborées.

Un extrait à analyser

À titre d’illustration, visualiser les deux premières minutes de la vidéo de Cycle 2 (http://youtu.be/6bCr304nc2o), (c) 2012, Canopé, Académie de Caen, ci-dessous, qui montrent bien le niveau de soutien à l’apprentissage en œuvre dans la classe.

Pour résumer, certains indicateurs comportementaux liés au Soutien à l’apprentissage sont assez hauts dans cet extrait.

  • Développement de concepts : l’enseignante sollicite la créativité des élèves, en leur demandant de trouver des situations où les glaçons vont plus ou moins fondre. Elle les questionne de manière appropriée, sans livrer les réponses : “qui a raison ? comment on va s’y prendre ?”. La connexion avec la vie réelle est évidente.
  • Qualité des rétroactions : l’enseignante fait préciser l’avis des élèves sur le phénomène étudié “s’il a fondu, comment il va être ?”.
  • Modelage langagier : l’enseignant pose des questions ouvertes : “et pourquoi tu voulais...”, elle répète les phrases des élèves.

Le détail des dimensions

Le détail descriptif des dimensions se trouve ci-après. Pour une version plus prescriptive de ces dimensions, se référer à Domaine Soutien à l’apprentissage. La carte présentée dans les Informations ci-dessus est essentielle.

Développement de concepts

La Dimension développement de concepts concerne l’utilisation par l’enseignant de stratégies diverses (discussions, activités) pouvant amener ses élèves à développer une pensée plus élaborée, une meilleure compréhension des phénomènes de son environnement, plutôt que de favoriser un apprentissage par cœur. Même si le terme “concept” est dans l’intitulé de la dimension, cela ne veut pas dire que cette dimension est seulement en jeu lorsqu’un concept spécifique est développé (comme les saisons, la soustraction), mais plutôt lorsqu’il y a utilisation intentionnelle de stratégies qui encouragent un niveau de pensée élevée (construction de connaissances).

Cette dimension comporte quatre types d’indicateurs comportementaux :

  • Analyse et raisonnement : l’enseignant utilise tout l’éventail de la taxonomie de Bloom pour que ses élèves réfléchissent au contenu enseigné. Des questions (pourquoi ? comment?), des problèmes à résoudre, des prédictions ou expérimentations, des classifications ou comparaisons, des évaluations.
  • Créativité : l’enseignant sollicite la créativité de ses élèves, leur permet d’avoir leurs propres idées et productions, via des phases de brainstorming, de planification et production.
  • Intégration : l’enseignant permet la connexion des différents concepts présentés en cours, et leur intégration avec les connaissances déjà acquises.
  • Liens avec la “vie réelle” : l’enseignant permet la connexion des concepts présentés en cours avec des applications de la “vie réelle” et de la vie des élèves.

Qualité des rétroactions

Cette dimension mesure le niveau de l’enseignant à offrir des rétroactions aux élèves qui peuvent ainsi mieux apprendre et participer. Cette dimension est en jeu à partir du moment où l’enseignant réagit aux productions (écrites ou orales) des élèves, lors d’activités, et que sa rétroaction porte sur le contenu. Les échanges sont donc ici initiés par les élèves, contrairement à la dimension suivante, le Modelage langagier. Elle comporte cinq types d’indicateurs comportementaux :

  • Etayage : l’enseignant offre un étayage (accompagnement dont l’intensité s’adapte à l’habileté de l’élève) aux élèves qui ont des difficultés à comprendre un concept, à répondre à une question ou à réaliser une activité.
  • Rétroaction en boucle : l’enseignant réalise avec ses élèves des échanges aller-retour pour approfondir un concept, une question, la réalisation d’une activité.
  • Stimuler les processus de pensée : l’enseignant demande aux élèves d’expliquer leur pensée, les questionne sur leurs réponses et actions.
  • Fournir de l’information : l’enseignant fournit aux élèves de l’information additionnelle pour développer leur apprentissage. Il clarifie les points qui le nécessitent.
  • Encouragement et affirmation : l’enseignant donne aux élèves des encouragements à leurs efforts, ce qui augmente leur engagement dans les activités et leur persévérance. Il convient de distinguer ce type d’encouragement, qui comporte un contenu, des encouragements généraux de type “c’est bien !”, “continue”, qui sont liés à la dimension Climat positif. Les encouragements signifiants de ce point de vue stimulent l’apprentissage des élèves, leur réussite dans les tâches, leurs processus de pensée.

Modelage langagier

La Dimension modelage langagier rend compte de l’efficacité et de la quantité des stratégies de stimulation du langage utilisées par l’enseignant. Contrairement à la dimension précédente, la Qualité des rétroactions, les interactions sont ici initiées par l’enseignant. Il convient aussi, comme pour l’indicateur comportemental “Encouragement et affirmation” de la dimension précédente, de ne pas confondre cette dimension avec la dimension Climat positif, qui n’évalue pas spécialement le contenu mais la politesse.

Cette dimension comporte cinq types d’indicateurs comportementaux :

  • Conversations fréquentes : il y a des conversations fréquentes à propos du contenu enseigné entre les élèves, et entre élèves et enseignant. L’enseignant procure, le cas échéant, les réponses appropriées.
  • Questions ouvertes : l’enseignant pose des questions ouvertes, requérant des réponses de plus d’un mot (oui/non).
  • Répétition et extension : l’enseignant répète, et élabore sur, les réponses des élèves pour signaler un élément important.
  • Self-talk et parallel-talk : l’enseignant décrit à voix haute ses actions (self-talk) et celles des élèves (parallel-talk).
  • Niveau de langage élaboré : l’enseignant utilise un langage élaboré avec ses élèves (mots variés), tout en référant à des mots ou idées familiers lorsque nécessaire.